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Un petit blog sans prétention, avec mon humeur du moment... une sorte d'éditorial d'un trentenaire papa (depuis peu), qui s'interroge sur son monde, l'actualité, relate des anecdotes, s'exprime, critique

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Rugeux (bis)

Parce que d'autres ont trouvé mes mots, voici un article issu de la presse britanique sur le match France / Angleterre, que nous aurions pu gagner si nous avions joué au rugby au lieu d'essayer d'empêcher les anglais de jouer.

Les Anglais ont pris le dessus sur les Bleus

Eliminée par l'Angleterre en demi-finale de la Coupe du monde (9-14), la France a payé le prix d'une stratégie bien trop réductrice. Les Français ont péché par manque de réalisme face à un XV de la Rose beaucoup plus serein.

On a un jour demandé à Bernard Laporte de citer son personnage historique préféré. "Guillaume le Conquérant parce qu'il a battu les Anglais", a-t-il rétorqué. Il se trouve que le 14 octobre 2007 marquait le 941e anniversaire de la petite échauffourée de Hastings, au cours de laquelle les troupes du duc de Normandie prirent le dessus sur leurs adversaires anglo-saxons. Ils y parvinrent en lançant une pluie de flèches sur une muraille de boucliers anglais.

Hier soir, à la périphérie nord de Paris, les hommes de Laporte ont laissé entrevoir une arme capable de transpercer les cœurs anglais. Trois pénalités tapées par le puissant pied droit de Lionel Beauxis ont donné au pays hôte un avantage de 9-5 à la quatrième minute de la seconde période d'une demi-finale extrêmement éprouvante pour les nerfs. Et puis tout d'un coup, les flèches françaises se sont émoussées. C'est le pied gauche du numéro 10 anglais qui frappa les coups décisifs. Une première pénalité, qui ramena l'avance française à 9-8, puis une deuxième à six minutes de la fin, et un drop bien ajusté pour faire bonne mesure. La France et son entraîneur venaient une fois de plus d'être passés au fil de l'impeccable épée Wilkinson.

Alors que le stade se vidait, la chanson d'Edith Piaf résonnait dans les tribunes : "Non, je ne regrette rien". Mais dans la salle de presse, Laporte ne fredonnait pas le même refrain. "Il est clair que nous aurions dû plus nous lâcher et jouer plus de ballons", s'est lamenté l'entraîneur sur le départ. Une façon bien française d'exprimer ce qui saute aux yeux. Tenter de rester en tête avec un seul petit point d'avance à une demi-heure de l'ultime coup de sifflet d'une demi-finale de Coupe du monde jouée à domicile constitue un nouvel élément à charge contre celui qui s'apprête à prendre ses fonctions dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy.

Les Bleus en "petite finale"

Les récriminations à son encontre ne vont pas tarder à pleuvoir. Au cours des huit années qu'il a passées comme principal entraîneur de l'équipe de France, l'inquiétude n'a cessé de croître sur le degré auquel un entêtement typiquement anglo-saxon se sera subsitué au légendaire flair français. L'Angleterre aurait pu adopter comme hymne une chanson de Kenny Rogers, 'The Gambler' [le joueur], mais Laporte – qui possède un casino, plus deux campings et un restaurant – a bâti sa réputation en plaçant la discipline et le contrôle au-dessus de la spontanéité et du 'va-va-voum'. C'était une tentative à long terme et soigneusement calculée de minimiser le facteur risque. Le pari a été largement gagnant contre les All Blacks à Cardiff il y a huit jours. Le travail accompli par l'entraîneur anglais de la défense française, Dave Ellis, sautait aux yeux, le compte officiel des plaquages français atteignant le chiffre incroyable de 178. La question était de savoir ce que tant de collisions, tant d'efforts déployés pour garder les barricades avaient coûté aux hommes.

La réponse ne s'est pas fait attendre. Au bout de 80 secondes, l'entraîneur français se tordait les mains de désespoir en constatant que ses hommes avaient laissé le pont-levis baissé et déroulé un tapis rouge sur leur flanc droit. Josh Lewsey a gratifié Damien Traille d'une tape de gratitude pour son instant d'hésitation qui a permis au joueur des Wasps de conclure le coup de pied à suivre par-dessus d'Andy Gomarsall. L'ailier gauche anglais aurait pu également remercier Laporte pour avoir fait jouer le centre biarrot à l'arrière. Les cinq points de l'essai se sont avérés décisifs. Lorsque Beauxis a bien porté la marque à 9-5, Laporte brandissant les poings d'un air jubilatoire. Mais c'était prématuré. Au final, c'est le placage haut de Dimitri Szarzewski sur Jason Robinson qui a scellé le sort de la France, permettant à Wilkinson de faire jouer son pied gauche à distance favorable. Lorsque le sauveur de l'Angleterre a remis la table avec un drop impeccablement cadré, tout ce qui restait à la France et à son entraîneur, c'était un ticket pour la "petite finale" de vendredi prochain, le piètre prix de consolation rugbystique.
 
Simon Turnbull
The Independent on Sunday
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